Une automatisation bien pensée. Et bien vécue.



Guidage vocal

Une automatisation bien pensée. Et bien vécue.

Entretien enregistré par Anita Suter, photos: Tobias Stahel

Quand l’automatisation se justifie-t-elle? C’est dans un coin paisible au bord de la Reuss que se sont retrouvés Richard Merz, CEO du fournisseur d’articles de sport et de vélos Fuchs-Movesa, et Beatrice Erhard-Meier, Account Manager à la Poste, pour parler nouvelles technologies, logistique de stockage et motivation du personnel.

Richard Merz, vous randonnez aujourd’hui en VTT électrique. Cette forme d’automatisation du vélo classique, mû par la force des muscles, n’est-elle pas un non-sens? 

L’électrification n’est pas un non-sens, mais une aide précieuse. Au risque de paraître excessif, je le dis: le VTT électrique a changé ma vie! Je peux profiter pleinement de tous les parcours et gravir tous les sommets sans avoir à m’infliger de pénibles séances de musculation au préalable. Les nouvelles technologies apportent une certaine liberté, et c’est aussi grâce à elles que le sport fait de plus en plus d’adeptes, comme le montrent les statistiques de vente.

Le vélo «automatisé» a donc aussi des effets bénéfiques pour votre entreprise...

Le cyclisme est en plein essor et, aujourd’hui, un tiers des vélos vendus sont des e-bikes, sachant que ce sont les VTT électriques qui battent tous les records de vente: 45 000 unités ont été écoulées l’an dernier. Bien sûr, travaillant pour l’industrie des cycles et des articles de sport, notre entreprise en profite.

Est-ce cela qui vous a incité à transformer votre entrepôt?

Vu la croissance que connaît la branche et les évolutions sur le marché, il nous a paru nécessaire de revoir notre copie. Dans notre activité, il faut absolument avoir le bon produit au bon endroit au bon moment. Notre logistique de stockage traditionnelle atteint ici ses limites.

Dans notre activité, il faut absolument avoir le bon produit au bon endroit au bon moment.

Richard Merz, CEO de Fuchs-Movesa

Plus d’efficience avec l’Autostore

Avec l’Autostore, vous avez opté pour une solution hautement automatisée. Est-ce bien conforme au concept d’entreprise familiale?

Là encore, je dirais que l’automatisation nous apporte un solide soutien. Dans notre métier, il y a des domaines où rien ne peut remplacer l’homme – je songe notamment au conseil et au service à la clientèle. J’estime même que l’humain est de plus en plus important dans notre monde numérique. Néanmoins, pour rester compétitifs, nous devons gagner en efficacité dans certains processus.

Votre personnel a-t-il manifesté de la résistance envers l’Autostore?

Au début, outre des réactions positives, cela a suscité scepticisme et réserves. Beaucoup d’employés ont craint de devoir travailler avec des logiciels et des robots mais aussi, bien sûr, de voir des emplois disparaître.

Comment assure-t-on les expéditions pendant une transformation des entrepôts? Un vrai défi, non?

Oui, cela a été un projet monstre, qui n’a pu être mené à bien que grâce à notre formidable équipe. Nous avons dû évacuer les deux tiers de nos stocks et, pendant neuf samedis d’affilée, les transférer sous un chapiteau de 1200 m². De la prise de décision initiale à la mise en service, près de quinze mois se sont écoulés.

Vous avez donc énormément investi dans votre Autostore. Cela a-t-il été profitable?

Oui. Nous avons vraiment gagné en rapidité. Par rapport à notre rendement d’il y a cinq ans, nous traitons 60% de commandes en plus dans le même temps, sans effectifs complémentaires. De plus, nous avons gagné 40% de capacité de stockage et notre taux d’erreur est minime, d’où un très haut niveau de satisfaction de la clientèle, avec moins de retours.

Avant, l’homme allait chercher la marchandise. Maintenant, les robots l’amènent à l’homme.

Richard Merz, CEO de Fuchs-Movesa

Et quels sont les échos venant du personnel?

Ils sont fiers de travailler dans une entreprise aussi moderne. Les contraintes physiques et les distances à parcourir ont fortement diminué. Avant, l’homme allait chercher la marchandise. Maintenant, la marchandise vient à l’homme grâce aux robots. L’introduction de l’Autostore a donc eu un effet positif sur la motivation du personnel.

Est-ce une installation que vous recommanderiez sans réserve?

Non, car je ne veux pas perdre mon avantage concurrentiel (rire). Plus sérieusement, oui, je suis ravi de notre Autostore. Mais attention: il ne faut pas moderniser un entrepôt juste pour innover.

Les Temps modernes en noir et blanc

L’automatisation fait peur, et depuis longtemps. En témoigne la comédie grinçante «Les Temps modernes», réalisée par Charlie Chaplin en 1936. Son héros Charlot a du mal à s’intégrer dans le monde moderne et industrialisé. Un grand classique du cinéma qui, aujourd’hui encore, se regarde en famille!

Un guide de voyage pour l’ère du numérique

L’automatisation fait partie de notre vie quotidienne depuis longtemps. Mais que ferons-nous de notre temps si les machines se chargent de toutes nos tâches? Non sans humour, cet ouvrage vous explique comment trouver vos repères dans un monde régi par l’AI, les algorithmes, les bots et le Big Data.